L’Amour, ce beau papillon

L’Amour, ce beau papillon 150 150 Danièle Moundouris

Je voudrais que l’amour ne fût point refusé
Et qu’aux branches des mains, sortilèges noués,
S’attachent les destins, diaphane rosée,
Emeraude ineffable, je voudrais que l’espoir,
De tant de vert vêtu, alanguisse les soirs,
Où les âmes têtues débattent dans le noir
Et les raisons de vivre et de désespérer,
Et les rancoeurs, les rages muettes,
Les douleurs silencieuses, les cœurs qui s’entêtent
A raisonner le parcours fluide
De la vague qui se brise aux rochers de l’humain.
L’Amour pour demain, pour maintenant, tout de suite
Et, s’essoufflant à la poursuite d’un mirage impalpable
Qui se pose un instant, pétale vulnérable sur l’horloge du temps.

Pétales vulnérables, aile d’or et de poussière,
L’Amour ce mystère est un beau papillon.

De grâce ne touchons point les ailes du destin,
Il laissera entre les mains une poudre ternie, comme glace sans tain..