L’Espoir

L’Espoir 150 150 Danièle Moundouris

Avec un soupir dans l’âme,
Avec une angoisse tendre,
Avec une vague alarme,
Bruit le cœur qui sait entendre,
Bruit le cœur qui sait attendre,
Que revienne sans faire de mal,
Le rire gai des jours calmes,
Le rire sain de l’espérance,
Qui gratte et bruisse sous la porte,
Quand on veut l’abandonner,
Pour pouvoir mieux oublier
Que la vie est courte et lente,
Que la vie est trop mouvante.
Et que parfois, l’on s’enlise,
Dans la désespérance grise,
D’une mer de bêtises
Qui jalonne nos souffrances,
Enlevant toute apparence
De noblesse à notre peine.

Pourquoi pleurer celui-ci ?
Le mot dur qu’il a dit,
D’un néant était sorti,
Aussi vide que son âme.

Alors une creuse nuit
Se prépare pour les cœurs
Qui mènent leur propre vie,
Dans notre carcasse morte.
Ils frémissent et s’ébranlent,
Pour courir sur place.

Afin de fuir l’angoisse,
Les retenant prisonniers,
Du cerveau qui veut veiller,
Ils tapent fort aux parois
Pour qu’on vienne les délivrer,
De cette satanée pensée
Qui ne veut pas oublier
Que le monde est triste ce soir.

Et, l’espoir derrière la porte,
Comme un vert charlatan,
Nous fait reprendre le goût
Avec du bagout,
De recommencer à croire
Que la rose pousse sans épines,
Et le vin sans la vigne
Et l’amour sans la douleur…

Et que notre cœur peut-être ?
Palpitera de bien-être
Le jour où l’âme aura froid.

1961